{"id":7784,"date":"2024-07-13T19:49:53","date_gmt":"2024-07-13T16:49:53","guid":{"rendered":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/?p=7784"},"modified":"2024-09-07T18:48:20","modified_gmt":"2024-09-07T15:48:20","slug":"les-memoires-communes-dune-generation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/","title":{"rendered":"L&#8217;expression de soi comme acte f\u00e9ministe"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans le sondage du 2012 du magazine \u00abSight and Sound\u00bb, dans la liste des 100 meilleurs films du choix des critiques, on ne voit que les noms des \u0153uvres de deux cin\u00e9astes femmes. L&#8217;une d&#8217;elles est Chantal Akerman, l&#8217;une des cin\u00e9astes f\u00e9ministes les plus importantes au monde. En 2022, pour la premi\u00e8re fois, le film de <strong>Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles<\/strong> (1975) arrive en t\u00eate de liste des critiques, devant <strong>Vertigo<\/strong> (1958) et<strong> Citizen Kane<\/strong> (1941). Bien que ses \u0153uvres sont avant-garde et exp\u00e9rimentales, elles peuvent \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des autobiographies d&#8217;Akerman: une sorte de confession o\u00f9 elle parle d\u2019elle-m\u00eame pour parler des femmes. Face aux femmes incompr\u00e9hensibles des films d&#8217;Akerman, on sent qu\u2019elle a toujours essay\u00e9 d&#8217;exprimer cette part inexprimable de son existence \u00e0 travers les femmes de ses \u0153uvres. Dans cet article, j\u2019analyse l&#8217;expression de soi comme un acte f\u00e9ministe \u00e0 travers le lien entre la vie personnelle d&#8217;Akerman et ses \u0153uvres cin\u00e9matographiques. Chacun des films d&#8217;Akerman pr\u00e9sente un aspect autor\u00e9f\u00e9rentiel sur sa vie, et elle tente de se confronter \u00e0 travers ses \u0153uvres. \u00abLa vie d&#8217;Akerman est son \u0153uvre, et son travail est sa vie, et tous ses proches font partie de son travail\u201d, d\u00e9clare Aurora Coleman, qui joue le r\u00f4le d&#8217;Anna dans le film <strong>Les rendez-vous d&#8217;Anna<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son premier court m\u00e9trage, <strong>Saute ma ville<\/strong>, qu&#8217;elle a r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 18 ans, elle joue le r\u00f4le d&#8217;une jeune fille qui se suicide. Ce film a retrouv\u00e9 un aspect proph\u00e9tique \u00e9tant donn\u00e9 le suicide d&#8217;Akerman. Dans son premier long m\u00e9trage,<strong> Je, tu, il, elle<\/strong> elle joue le r\u00f4le d\u2019une jeune femme qui cherche \u00e0 d\u00e9couvrir son orientation sexuelle et le film refl\u00e8te son homosexualit\u00e9. Dans <strong>Les rendez-vous d&#8217;Anna<\/strong>, le personnage principal du film est une cin\u00e9aste qui montre les relations amoureuses rat\u00e9es d&#8217;Akerman avec les hommes au cours de son voyage. Le film<strong> Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles<\/strong>, est la lettre d&#8217;amour d&#8217;Akerman \u00e0 sa m\u00e8re, inspir\u00e9e par sa m\u00e8re et les femmes de sa g\u00e9n\u00e9ration emprisonn\u00e9es dans la r\u00e9p\u00e9tition et du vie quotidienne. Dans les films <strong>News from Home<\/strong> et <strong>No home movie<\/strong>, elle montre sa relation privil\u00e9gi\u00e9e avec sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ackerman est n\u00e9e \u00e0 Bruxelles en 1950. elle a perdu la plupart de ses proches maternels pendant l&#8217;Holocauste, et sa m\u00e8re \u00e9tait l&#8217;une des survivantes des camps de travaux forc\u00e9s. Elle ne se consid\u00e8re citoyenne d\u2019aucun pays et la migration est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 sa personnalit\u00e9. Dans le documentaire autobiographique <strong>I don\u2019t belong anywhere\u2013the cinema of Chantal Akerman<\/strong>, elle dit \u00e0 un jeune couple sur le pont du navire : \u00abJ&#8217;ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 Bruxelles, Paris, New York et Isra\u00ebl, mais maintenant je vis o\u00f9 que ce soit. Je d\u00e9m\u00e9nage.\u00bb \u00c0 l&#8217;\u00e2ge de 21 ans, Ackerman quitte son domicile et sa ville natale et se rend \u00e0 New York, mais elle se rend compte qu&#8217;il n&#8217;y a aucun endroit au monde o\u00f9 elle puisse s&#8217;installer et se reposer. Marguerite Duras disait : \u00abJe n&#8217;ai pas de patrie, ma parole est ma patrie, c&#8217;est ma maison\u00bb, Akerman r\u00e9side aussi dans ses \u0153uvres et ses films sont consid\u00e9r\u00e9s comme sa patrie. C&#8217;est pourquoi, comme dans les films de Michelangelo Antonioni, il n&#8217;y a jamais d&#8217;endroit o\u00f9 se loger. Ce sont juste des endroits par o\u00f9 passer. Les routes, les autoroutes, les villes, les rues, les h\u00f4tels, les maisons, les pi\u00e8ces, les couloirs, les cuisines dans ses films montrent le d\u00e9sir des femmes de quitter les lieux et de partir.<\/p>\n\n\n\n<p>Aurore Cl\u00e9ment incarne une cin\u00e9aste dans <strong>Les Rendez-vous d&#8217;Anna<\/strong>, mais fait r\u00e9f\u00e9rence au personnage de Chantal Akerman. Anna, comme Akerman, voyage et erre constamment dans les villes, les gares, les rues, les h\u00f4tels et les caf\u00e9s, et ne parvient pas \u00e0 s&#8217;installer dans un lieu fixe et \u00e0 trouver un sentiment d&#8217;appartenance. M\u00eame lorsqu\u2019elle rentre chez elle, sa maison ne lui donne pas l\u2019impression d\u2019\u00eatre un refuge. Alors qu&#8217;Anna est allong\u00e9e dans son lit, \u00e9coutant ses messages t\u00e9l\u00e9phoniques et v\u00e9rifiant ses projets de voyage \u00e0 venir, c&#8217;est comme si elle se trouvait dans l&#8217;un de ces h\u00f4tels-\u00e9tapes. Comme si voyager sous pr\u00e9texte de travail et de cin\u00e9ma \u00e9tait une fa\u00e7on d&#8217;\u00e9chapper aux relations et aux gens. Au d\u00e9but, elle voulait \u00eatre \u00e9crivain, mais apr\u00e8s avoir vu <strong>Pierrot le Fou<\/strong> de Jean-Luc Godard, elle change d&#8217;avis et d\u00e9cide de devenir cin\u00e9aste. Elle d\u00e9couvre les \u0153uvres de Jonas Mekas, Michael Snow et Andy Warhol, et les films exp\u00e9rimentaux et d&#8217;avant-garde lui ouvrent l&#8217;esprit \u00e0 21 ans sur un nouveau monde qui la fascine. Parall\u00e8lement, elle pr\u00e9sente son court m\u00e9trage Saute ma ville \u00e0 Jonas Makas, qui l&#8217;appr\u00e9cie beaucoup, et Akerman se lance dans la r\u00e9alisation de films exp\u00e9rimentaux, radicaux et avant-gardistes. Ses films ne sont donc pas des \u0153uvres qui se regardent simplement et facilement, et semblent incompr\u00e9hensibles et inintelligibles.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"589\" height=\"420\" src=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u06462.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7818\" srcset=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u06462.jpg 589w, https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u06462-300x214.jpg 300w, https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u06462-100x71.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 589px) 100vw, 589px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles<\/strong>, est qualifi\u00e9 de &#8220;premier v\u00e9ritable chef-d&#8217;\u0153uvre f\u00e9minin de l&#8217;histoire du cin\u00e9ma&#8221; par le New York Times, mais le film ne sortira que plusieurs ann\u00e9es plus tard. Aurore Cl\u00e9ment, actrice des Rendez-vous d&#8217;Anna, explique: \u00abLors de la s\u00e9ance d&#8217;ouverture du film, D\u00e9lphine Seyrig et Chantal Akerman sont venues vers moi pour me dire que je ne devais pas venir voir le film. J&#8217;ai dit que j&#8217;avais la force de supporter la critique. Puis le film a commenc\u00e9 et tout le monde dans la salle s&#8217;est moqu\u00e9 de nous. Chantal m&#8217;a cach\u00e9e sous son manteau et nous sommes sorties en douce. Parce que les gens nous attaquaient.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abQuand j&#8217;avais 16 ans, je n&#8217;allais pas \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, je me promenais en ville et j&#8217;avais un cahier dans lequel j&#8217;\u00e9crivais tout\u00bb, raconte Ackerman. C&#8217;\u00e9tait un peu de tout. Il semble que plus tard cette exp\u00e9rience d\u2019errance et de narration bas\u00e9e sur de petites pi\u00e8ces \u00e9parses deviendra ses \u0153uvres principales. C&#8217;est comme si la vie et les films d&#8217;Akerman \u00e9taient construits sur de petits morceaux: des rencontres br\u00e8ves et accidentelles, des relations \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. L&#8217;approche qu&#8217;Akerman met en \u0153uvre dans le film <strong>Toute une nuit <\/strong>est \u00e9galement extr\u00eame et avant-gardiste, et en supprimant compl\u00e8tement le r\u00e9cit simple et en une seule ligne commun \u00e0 ses films, elle r\u00e9duit l&#8217;ensemble du film \u00e0 quelques situations minimalistes. Elle met en sc\u00e8ne les rencontres, les adieux, les baisers, les c\u00e2lins, les distances, les attentes, les connexions et les s\u00e9parations de plusieurs couples. Sans que nous connaissions les personnages du film, leurs noms, et leurs relations. Il n\u2019y a aucune diff\u00e9rence et n\u2019importe quel homme ou femme peut \u00eatre \u00e0 sa place. En fin de compte, ce qui arrive, ce sont des relations rat\u00e9es et inachev\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&#8217;y a pas de drame passionnant dans les films d&#8217;Akerman, et il est vain de s&#8217;attendre \u00e0 une crise ou \u00e0 un conflit dans ses histoires. La structure commune de la plupart de ses \u0153uvres repose sur des intrigues secondaires. Plein de petites histoires sur les gens, de courtes tranches de vie, de rencontres al\u00e9atoires et temporaires, d&#8217;\u00e9v\u00e9nements \u00e9pars et fugaces. Si l\u2019on veut conna\u00eetre les femmes dans ses films, c\u2019est \u00e0 travers ces choses triviales et les t\u00e2ches banales du quotidien. Elle dit: \u00abIl y a des choses qu&#8217;on ne peut pas montrer et c&#8217;est une des raisons de mon style de cin\u00e9ma.\u00bb Ainsi, pour mieux comprendre le film, il faut s&#8217;attarder lentement sur les moments monotones et ennuyeux de la vie des personnages et s&#8217;asseoir patiemment pour observer les d\u00e9tails du comportement de ces femmes dans leur solitude. Peut-\u00eatre que dans cette observation r\u00e9fl\u00e9chie, nous pouvons trouver un moment o\u00f9 ces femmes r\u00e9v\u00e8lent un coin de la partie cach\u00e9e et inaccessible de leur \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Akerman r\u00e9alise le filme<strong> Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles<\/strong> sur sa m\u00e8re et les femmes de sa g\u00e9n\u00e9ration. Elle pi\u00e8ge Jean dans le processus r\u00e9p\u00e9titif de la vie domestique, comme si sa maison \u00e9tait un camp de concentration. Jeanne travaille avec la m\u00eame pr\u00e9cision, discipline et obsession qu&#8217;un prisonnier avec difficult\u00e9 et amertume. \u00c0 tel point qu\u2019\u00e0 la fin de la journ\u00e9e, elle est tellement fatigu\u00e9e qu\u2019elle n\u2019a pas le temps de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 sa situation. Quand elle trouve du temps libre et pense \u00e0 elle-m\u00eame, elle se sent vide. Comme le dit Ackerman, Jeanne doit ajuster sa vie de mani\u00e8re \u00e0 ne pas risquer une d\u00e9pression. Elle ne veut pas une heure de cong\u00e9 parce qu\u2019elle ne sait pas quoi en faire. C&#8217;est pourquoi, lorsque ce processus \u00e9puisant est interrompu et que Jeanne Dillman reste assise de longues heures \u00e0 son bureau, elle se rend compte qu&#8217;elle est un objet et que toute son identit\u00e9 se r\u00e9duit \u00e0 une adresse o\u00f9 son fils et d&#8217;autres hommes viennent l&#8217;exploiter. C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;elle d\u00e9cide de s&#8217;\u00e9vader de cette prison domestique, mais par l&#8217;autodestruction.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"589\" height=\"420\" src=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u0646-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7820\" style=\"width:589px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u0646-1.jpg 589w, https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u0646-1-300x214.jpg 300w, https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u0646-1-100x71.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 589px) 100vw, 589px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Akerman n&#8217;aime pas que son cin\u00e9ma soit analys\u00e9 sous le titre de cin\u00e9ma queer, et a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Je ne veux pas participer au festival queer, \u00bb mais plus tard, elle a chang\u00e9 d&#8217;avis. Les lesbiennes dans ses films ne constituent pas un sujet sp\u00e9cial et diff\u00e9rent qui n\u00e9cessiterait un festival \u00e0 part. Dans ses films, elle essaie toujours de montrer la tendance et l&#8217;int\u00e9r\u00eat des femmes les unes envers les autres comme faisant partie des affaires normales du monde, et au lieu de pr\u00e9senter les lesbiennes comme des victimes du syst\u00e8me patriarcal, elle met l&#8217;accent sur la force, la conscience et la connaissance que ces femmes acqui\u00e8rent lentement. Par cons\u00e9quent, le d\u00e9sir et la tendance des femmes envers les femmes dans ses films ont un aspect lib\u00e9rateur et dynamique qui les aide \u00e0 mieux se conna\u00eetre, \u00e0 mieux conna\u00eetre elles-m\u00eames, leur corps, leur d\u00e9sir sexuel, leurs relations et leurs sentiments et \u00e0 acqu\u00e9rir leur identit\u00e9 et leur vie. C&#8217;est comme si elle montrait dans ses films ce qu\u2019elle ne peut pas facilement exprimer dans sa vie personnelle \u00e0 propos de sa relation avec d\u2019autre femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans<strong> Je, tu, il, elle<\/strong>, Akerman joue le r\u00f4le une jeune femme qui tente de mieux se conna\u00eetre. Le film se compose de trois parties: la premi\u00e8re partie traite du rapport de la femme \u00e0 elle-m\u00eame et on la voit debout devant le miroir en disant: \u00abJe me suis lev\u00e9e. Je me suis jet\u00e9 \u00e0 terre. J&#8217;ai enlev\u00e9 mes sous-v\u00eatements pour mieux me voir.\u00bb Elle parle ouvertement de sa propre perception de son corps et insiste pour qu&#8217;elle se d\u00e9shabille pour elle-m\u00eame et non pour quelqu&#8217;un d&#8217;autre. Tout comme elle souhaite se d\u00e9crire \u00e0 travers l\u2019\u00e9criture, elle cherche aussi \u00e0 mieux se voir en se mettant nu. La deuxi\u00e8me partie est consacr\u00e9e \u00e0 sa relation avec un homme dans un camion o\u00f9 Akerman est passag\u00e8re. Dans cette sc\u00e8ne, la partie principale du cadre est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l&#8217;homme qui parle de ses relations, de ses attentes et de ses sentiments sexuels, et la femme est cach\u00e9e dans le coin noir du cadre et \u00e9coute simplement. Supprimer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la femme du cadre et la transformer en un corps sans visage sugg\u00e8re que la femme n&#8217;est qu&#8217;un objet sexuel permettant \u00e0 l&#8217;homme de satisfaire son besoin d&#8217;avoir des relations sexuelles avec elle \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re du camion, puis de l&#8217;abandonner. Dans la troisi\u00e8me partie, nous assistons \u00e0 la relation entre une femme et une autre femme, et dans leur sc\u00e8ne d&#8217;amour, nous voyons que les deux femmes ont une part \u00e9gale du cadre, les deux sont clairement reconnaissables, leurs pens\u00e9es et leurs d\u00e9sirs peuvent \u00eatre compris \u00e0 travers leurs actions. Une femme commence sa connaissance avec son corps nu et \u00e9choue par rapport \u00e0 un homme et devient compl\u00e8te par rapport \u00e0 une femme comme elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <strong>La Captive,<\/strong> l&#8217;histoire est racont\u00e9e du point de vue d&#8217;un homme qui a des doutes sur l&#8217;orientation sexuelle de sa femme bien-aim\u00e9e. Il ressent de la peur et de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e que la femme soit attir\u00e9e par une autre femme. En \u00e9tant intens\u00e9ment curieux des sentiments et des pens\u00e9es d&#8217;Ariane pendant les rapports sexuels, en la poursuivant et en remettant en question son d\u00e9sir, il essaie d&#8217;\u00e9liminer son d\u00e9sir de femme et de remplacer son d\u00e9sir d&#8217;homme. Dans le film, Akerman rappelle la r\u00e9alit\u00e9 sociale selon laquelle les femmes subissent toujours des pressions de la part des hommes pour qu&#8217;elles d\u00e9finissent leur identit\u00e9 et leur comportement sexuel selon leurs souhaits. Mais dans ce film, le doute de Simon sur le d\u00e9sir d&#8217;Ariane, qui n&#8217;est finalement pas concluant, rend Simon incapable de poss\u00e9der une femme et ne peut r\u00e9soudre sa crise de masculinit\u00e9. Bien qu&#8217;Ariane soit espionn\u00e9 par Simon, parce que sa d\u00e9sir sexuel envers les femmes n&#8217;est pas d\u00e9finie et valid\u00e9e dans le syst\u00e8me patriarcal, elle parvient \u00e0 intervenir dans la reconstruction de la sexualit\u00e9 par la structure du pouvoir et \u00e0 produire et remplacer sa nouvelle repr\u00e9sentation sexuelle. Il semble que tandis qu\u2019Akerman tente de se d\u00e9finir, de d\u00e9finir son identit\u00e9 et son orientation sexuelle en dehors du discours sexuel dominant, elle tente de cr\u00e9er le monde particulier de ses films en dehors du syst\u00e8me cin\u00e9matographique dominant \u00e0 travers le cin\u00e9ma queer.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus que toute autre femme, la m\u00e8re d&#8217;Akerman appara\u00eet dans ses films autant qu&#8217;Akerman elle-m\u00eame. Lors <strong>Les rendez-vous d&#8217;Anna<\/strong>, la m\u00e8re dit \u00e0 sa fille: \u00abIl n&#8217;y avait personne \u00e0 qui parler pendant cette p\u00e9riode.\u00bb Et la fille r\u00e9pond : \u00abMais tu ne m&#8217;as jamais parl\u00e9\u00bb, et la m\u00e8re soupire: \u00ab\u00c7a fait longtemps que tu es partie.\u201d La fille r\u00e9pond: \u00abMais tu \u00e9tais toujours avec moi.\u00bb C&#8217;est le r\u00e9sum\u00e9 de la relation contradictoire entre Akerman et sa m\u00e8re, qui, bien qu&#8217;elles semblent pleines d&#8217;amour et de passion l&#8217;une pour l&#8217;autre, sont incapables d&#8217;\u00e9tablir une relation profonde et de continuer l&#8217;une avec l&#8217;autre. Akerman tente d&#8217;explorer ses sentiments ambigus envers sa m\u00e8re en la confrontant dans ses \u0153uvres. Mais Ackerman ne mentionne pas les moments importants qui pourraient survenir entre la m\u00e8re et la fille, ni les souvenirs pr\u00e9cis d&#8217;une relation aussi passionn\u00e9e et douloureuse. Au contraire, \u00e0 partir des m\u00eames probl\u00e8mes banals, des r\u00e9unions ordinaires et des conversations quotidiennes, elle ouvre une voie pour analyser sa relation compliqu\u00e9e et contradictoire avec sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"589\" height=\"420\" src=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u06464.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7822\" style=\"width:589px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u06464.jpg 589w, https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u06464-300x214.jpg 300w, https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/\u0627\u06a9\u0631\u0645\u06464-100x71.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 589px) 100vw, 589px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Akerman explique la raison pour laquelle elle a r\u00e9alis\u00e9 le film <strong>News from Home<\/strong>: \u00abC&#8217;\u00e9tait parce que je n&#8217;arr\u00eatais pas d&#8217;\u00e9crire des lettres \u00e0 ma m\u00e8re. Elle m&#8217;a \u00e9galement \u00e9crit. La plupart des choses qu&#8217;elle a dites \u00e9taient : Tu as des chaussures, tu n&#8217;as pas froid.\u00bb Lorsque nous entendons la voix d&#8217;Akerman nous lire les lettres de sa m\u00e8re sur des images d\u00e9sol\u00e9es de New York dans <strong>News from Home<\/strong>, nous sommes t\u00e9moins d&#8217;une relation \u00e0 sens unique. Une m\u00e8re \u00e9crit une lettre \u00e0 sa fille en priv\u00e9 et sa fille la lit alors qu&#8217;elle est sans abri. Comme si aucune d\u2019elle n\u2019avait le moyen d\u2019entrer dans un autre monde mental. Mais m\u00eame si chacune vit dans un monde diff\u00e9rent de l\u2019autre, elles ont une \u00e9trange envie d\u2019\u00eatre ensemble. \u00abM\u00e8re est au c\u0153ur de mon ouvres\u00bb, d\u00e9clare Ackerman. La plupart des choses que j&#8217;ai faites sont li\u00e9es \u00e0 ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re. Des choses dont elle n&#8217;a jamais parl\u00e9. C&#8217;est pourquoi je pense que je dis ses paroles. C&#8217;est pour cette raison qu&#8217;apr\u00e8s la mort de sa m\u00e8re, elle dit : \u00abMaintenant parce que ma m\u00e8re n&#8217;est plus, y a pas personne qui. parce que j&#8217;ai peur. Je me dis: maintenant ma m\u00e8re n\u2019est plus dans mes \u0153uvres, est ce que je peux encore quelque chose \u00e0 dire?\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>No Home Movie<\/strong>, le dernier film d&#8217;Akerman est un documentaire sur sa m\u00e8re handicap\u00e9e et \u00e2g\u00e9e. Mais ce n&#8217;est pas seulement un film dans lequel Akerman montre la peur de la mort de sa m\u00e8re et l&#8217;oubli de ses souvenirs en enregistrant ses comportements quotidiens les plus simples et les plus petits. Elle exprime \u00e9galement ses luttes personnelles autour de sa propre mort en approchant sa m\u00e8re au bord de la mort. Apparemment, Ackerman souffrait d&#8217;une grave d\u00e9pression apr\u00e8s la mort de sa m\u00e8re. Dans ses manuscrits sur la mort de sa m\u00e8re, publi\u00e9s plus tard sous le titre \u00abJournal de deuil\u00bb, Roland Barthes parle d&#8217;une souffrance sans fin en l&#8217;absence de sa m\u00e8re perdue, qui ne se termine qu&#8217;avec sa propre mort. Peut-\u00eatre, comme Barthes, Ackerman trouve-t-elle un moyen de soulager son chagrin en pensant \u00e0 la mort et \u00e0 la mortalit\u00e9 face \u00e0 la mort de sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son premier film, <strong>Saute ma ville<\/strong>, on voit la jeune Ackerman faire toutes ses t\u00e2ches quotidiennes : elle cuisine, elle fait la vaisselle, elle nettoie le sol de la maison, elle scotche les portes et les fen\u00eatres, elle allume la cuisini\u00e8re et elle met le feu \u00e0 la maison. Elle fait le m\u00e9nage, non pas pour profiter de la vie, mais pour se suicider. \u00abLe titre du film \u00e9tait <strong>Saute ma ville,<\/strong> mais Cela aurait pu \u00eatre\u00bb, explique Akerman. Parce qu&#8217;il s&#8217;agissait de la destruction du monde que ma m\u00e8re, mes tantes et les tantes de ma m\u00e8re m&#8217;avaient montr\u00e9. Le documentaire <strong>I Belong Nowhere<\/strong> se termine avec Akerman marchant seule sur une route sans fin, dos \u00e0 la cam\u00e9ra, vers nulle part, et l&#8217;image continue. Aujourd&#8217;hui, apr\u00e8s sa mort auto-inflig\u00e9e, elle continue de vivre dans ses \u0153uvres, qui \u00e9taient sa v\u00e9ritable patrie, et chaque fois que nous voyons un film d\u2019elle, c&#8217;est comme si elle recr\u00e9e le monde d\u00e9truit dans un film qu&#8217;elle a immortalis\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> &#8230; <\/p>\n<div><a href=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/\" class=\"more-link\">Read More<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6546,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[902,891],"tags":[],"class_list":["post-7784","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema-francais","category-poste-special"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>L&#039;expression de soi comme acte f\u00e9ministe - Cahiers du feminisme<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L&#039;expression de soi comme acte f\u00e9ministe - Cahiers du feminisme\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"... Read More\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Cahiers du feminisme\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2024-07-13T16:49:53+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2024-09-07T15:48:20+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"589\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"420\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"nozhat\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"nozhat\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"14 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"nozhat\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/b6999d64f9c8bc2f2f775963c668865a\"},\"headline\":\"L&#8217;expression de soi comme acte f\u00e9ministe\",\"datePublished\":\"2024-07-13T16:49:53+00:00\",\"dateModified\":\"2024-09-07T15:48:20+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/\"},\"wordCount\":3226,\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2022\\\/08\\\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg\",\"articleSection\":[\"Cin\u00e9ma Fran\u00e7ais\",\"Poste Sp\u00e9cial\"],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/\",\"name\":\"L'expression de soi comme acte f\u00e9ministe - Cahiers du feminisme\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2022\\\/08\\\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg\",\"datePublished\":\"2024-07-13T16:49:53+00:00\",\"dateModified\":\"2024-09-07T15:48:20+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/b6999d64f9c8bc2f2f775963c668865a\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2022\\\/08\\\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2022\\\/08\\\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg\",\"width\":589,\"height\":420},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/les-memoires-communes-dune-generation\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"L&#8217;expression de soi comme acte f\u00e9ministe\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/\",\"name\":\"Cahiers du feminisme\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/b6999d64f9c8bc2f2f775963c668865a\",\"name\":\"nozhat\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/c3e9d833d2071b58655a895cc807e64a36f98bc453dba163b5f54e7c3adbff22?s=96&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/c3e9d833d2071b58655a895cc807e64a36f98bc453dba163b5f54e7c3adbff22?s=96&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/c3e9d833d2071b58655a895cc807e64a36f98bc453dba163b5f54e7c3adbff22?s=96&r=g\",\"caption\":\"nozhat\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/\"],\"url\":\"https:\\\/\\\/cahiersdufeminisme.com\\\/fr\\\/author\\\/nozhat\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"L'expression de soi comme acte f\u00e9ministe - Cahiers du feminisme","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"L'expression de soi comme acte f\u00e9ministe - Cahiers du feminisme","og_description":"... Read More","og_url":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/","og_site_name":"Cahiers du feminisme","article_published_time":"2024-07-13T16:49:53+00:00","article_modified_time":"2024-09-07T15:48:20+00:00","og_image":[{"width":589,"height":420,"url":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"nozhat","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Written by":"nozhat","Est. reading time":"14 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/"},"author":{"name":"nozhat","@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/#\/schema\/person\/b6999d64f9c8bc2f2f775963c668865a"},"headline":"L&#8217;expression de soi comme acte f\u00e9ministe","datePublished":"2024-07-13T16:49:53+00:00","dateModified":"2024-09-07T15:48:20+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/"},"wordCount":3226,"image":{"@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg","articleSection":["Cin\u00e9ma Fran\u00e7ais","Poste Sp\u00e9cial"],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/","url":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/","name":"L'expression de soi comme acte f\u00e9ministe - Cahiers du feminisme","isPartOf":{"@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg","datePublished":"2024-07-13T16:49:53+00:00","dateModified":"2024-09-07T15:48:20+00:00","author":{"@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/#\/schema\/person\/b6999d64f9c8bc2f2f775963c668865a"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/#primaryimage","url":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg","contentUrl":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/\u0634\u0627\u0646\u062a\u0644-\u0622\u06a9\u0631\u0645\u0646.jpg","width":589,"height":420},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/les-memoires-communes-dune-generation\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"L&#8217;expression de soi comme acte f\u00e9ministe"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/","name":"Cahiers du feminisme","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/#\/schema\/person\/b6999d64f9c8bc2f2f775963c668865a","name":"nozhat","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c3e9d833d2071b58655a895cc807e64a36f98bc453dba163b5f54e7c3adbff22?s=96&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c3e9d833d2071b58655a895cc807e64a36f98bc453dba163b5f54e7c3adbff22?s=96&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c3e9d833d2071b58655a895cc807e64a36f98bc453dba163b5f54e7c3adbff22?s=96&r=g","caption":"nozhat"},"sameAs":["https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/"],"url":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/author\/nozhat\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7784","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7784"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7784\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7889,"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7784\/revisions\/7889"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6546"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7784"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7784"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cahiersdufeminisme.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7784"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}